
Une fusée européenne Ariane 6 sur son aire de lancement,dans le port spatial européen de Kourou,en Guyane,le 22 juin 2023. (S MARTIN / ARIANEGROUP)
L'Europe manque-t-elle ou va-t-elle manquer de fusées ? Alors que s'ouvre mercredi 9 septembre matin un sommet spatial international à Paris,c'est l'une des questions au cœur des discussions entre États et industriels. Pour tenir la cadence face à la concurrence,l'Europe doit avoir plus de fusées et de lanceurs de satellites à disposition.
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En 2025,SpaceX a fait décoller 170 fusées aux États-Unis alors que pendant ce temps-là,l'Europe en faisait décoller huit. Ce n'est pourtant pas les demandes qui manquent. De plus en plus de satellites sont à lancer,par exemple pour les constellations de télécommunications telle que Starlink. Mais il y a aussi sa concurrente directe,Amazon Leo. Les Européens développent également la leur appelée Iris².
Il y a aussi des besoins pour l'observation de la Terre avec le programme Copernicus,nécessaire pour les usages de ce qu'on appelle l'Internet des objets utilisé pour les voitures connectées ou la Défense. Dans un entretien au Financial Times en août,Joseph Aschbacher,le patron de l'agence spatiale européenne,l'ESA,a estimé qu'il y aura un pic de besoin de lancement entre 2029 et 2031. L'Europe risque de manquer de moyens de transport,c'est-à-dire de fusées. Ce sont les autres pays et leurs entreprises qui risquent d'en profiter.
C'est un peu comme si un constructeur de Formule 1 devait se mettre à faire des voitures en série. Il faut évidemment modifier les process de fabrication et accélérer les cadences. Ces dernières années,un changement de vision a été amorcé par l'Agence spatiale européenne,qui coordonne les programmes spatiaux du continent et qui regroupe 23 pays.
Au lieu de construire une fusée de A à Z en étant aux commandes de tout le chantier,comme elle l'a fait pour Ariane 6,elle a ouvert un concours il y a trois ans. L'objectif est de faire naître,en les soutenant financièrement,de nouvelles entreprises du spatial capable de fabriquer d'ici maximum 2030 des fusées qui répondent aux différents besoins du marché.
Pour éviter ce problème,l'idée est d'avoir de plus petites fusées et pourquoi pas réutilisables pour baisser les coûts. On pourrait les lancer depuis le centre européen de Kourou en Guyane mais aussi depuis des plateformes en Europe continentale. Il en existe par exemple une à Andøya en Norvège. Quatre entreprises sont aujourd'hui en lice dans le concours lancé par l'agence spatiale européenne pour les construire. Deux sont allemandes,RFA (Rocket Factory Augsbourg) et Isar Aerospace,qui a réussi il y a quelques jours le premier lancement en orbite de sa fusée. Il y a également une compagnie espagnole,PDL Space,et une française,MaiaSpace. Cette dernière vise un premier vol d'essai de sa fusée,qui sera à terme,réutilisable au deuxième semestre 2027.