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REPORTAGE. \"Ils arrivent au collège plus matures\" : dans la ville irlandaise de Greystones, les enfants sont privés de téléphone

May 20, 2026

Un adolescent de 14 ans tient un téléphone portable entre ses mains. (DAVID GRAY )

La deuxième édition de l'opération "10 jours sans écran" s'ouvre mardi 19 mai en France : dix jours durant lesquels des milliers d'enfants,de parents et d'écoles vont tenter de réduire au maximum téléphones,tablettes,jeux vidéo et réseaux sociaux. Pendant ce temps,dans le sud-est de Irlande,une petite ville côtière a réussi,elle,à "débrancher" complètement ses ados ! Depuis trois ans déjà,Greystones a tenté une expérience radicale : bannir le smartphone avant 13 ans.

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Une récréation classique,des élèves qui crient,courent et parfois se disputent,en somme qui se comportent comme des enfants. Bienvenue à l'école primaire Saint-Patrick de Greystones. "On leur laisse un peu plus de temps pour être des enfants !" explique Rachel Harper,la directrice. Grâce à elle,cette ville de 20 000 habitants s'est faite connaître bien au-delà de l'Irlande pour ses enfants sans écran.

"Un meilleur esprit critique"

Le déclic lui vient juste après le confinement. L'anxiété chez ses élèves s'est aggravée. La directrice de l'école lance alors l'idée d'un pacte,l'initiative "It takes a village" est née : s'engager à ce que les enfants n'aient pas de smartphones entre les mains avant l'âge de 13 ans. Trois ans plus tard,le bilan est positif. "Ils arrivent au collège plus matures avec une vraie capacité à résoudre les problèmes et un meilleur esprit critique",poursuit Rachel Harper.

"Ici,les jeunes sont très actifs,les professeurs le voient tout de suite."

Rachel Harper,directrice d'écoleà franceinfo

Bodie,12 ans,lui,a bien un téléphone,mais un modèle à clapet sans accès aux réseaux sociaux. "Je peux juste appeler et envoyer des messages et,franchement,on n'a pas besoin de plus. Le vendredi,par exemple,je vais souvent en ville avec mes copains,on achète un soda et on traîne au parc et si j'ai besoin,je peux appeler ma mère ou lui envoyer un message pour qu'elle vienne me chercher à tel endroit."

"Le problème,c'est l'accès aux réseaux sociaux"

Quand Alex Dobbs cherche Jamie,son fils de 11 ans,elle sait où aller. Direction le "Café des Jeunes",le repère des ados du quartier. "J'aimerais bien un téléphone,mais pas maintenant. Peut-être à 14 ans",glisse l'adolescent. "Il en profite pour essayer de négocier avec moi,là ! répond sa mère,amusée. Le vrai problème,ce n'est pas le téléphone,c'est l'accès aux réseaux sociaux. On connaît tous des enfants qui en ont subi les effets néfastes,et à 11 ou 12 ans,ils doivent comprendre qu'on peut vivre et faire plein de choses sans être constamment connectés à un téléphone."

L'Irlande semble bien décidée à aller dans ce sens. Le vice-Premier ministre Simon Harris,lui-même résident de Greystones,veut faire de l'interdiction des réseaux sociaux avant 16 ans l'une des grandes priorités du pays à l'occasion de sa présidence tournante à partir de juillet prochain au Conseil de l'Union européenne.